DE LA RÉTICENCE À LA MISSION - UNE ŒUVRE DE REPENTANCE
DE LA RÉTICENCE À LA MISSION :
UNE ŒUVRE DE REPENTANCE
Lundi 23 juin
2025
Semaine 13 : La fin en images
Thème général : Allusions, images
et symboles : Méthodes d’étude de la prophétie biblique.
Texte à méditer : “ Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette
génération et la condamneront, parce qu'ils se repentirent à la prédication de
Jonas ; et voici, il y a ici plus que Jonas ” (Matthieu 12:41).
1. JONAS, UNE FIGURE PARADOXALE
Crise du cœur et déni de vocation.
Le livre de Jonas est court,
mais sa portée prophétique est vertigineuse. Le prophète, bien qu’appelé, fuit. «
Lève-toi, va à Ninive » (Jonas 1:2), ordonne l’Éternel. Mais Jonas descend à
Joppé, embarque pour Tarsis - littéralement aux antipodes de sa mission.
Pourquoi cette rébellion ? Ce n’est pas l’ignorance du Dieu qu’il sert :
« Je suis hébreu, et je crains l’Éternel, le Dieu des cieux, qui a fait la mer
et la terre » (Jonas 1:9). Ce n’est pas non plus le doute sur l’efficacité
du message, car Jonas sait ce que Dieu est capable de faire.
Le cœur du drame est ailleurs.
Jonas ne supporte pas que
Dieu soit compatissant envers ceux qu’il considère comme indignes. « Je savais que tu
es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté »
(Jonas 4:2). Autrement dit : Jonas connaît le vrai Dieu, mais il refuse que ce
Dieu s’applique à Ninive. Il veut un Dieu national, un Dieu de frontières, un
Dieu qui condamne les autres et justifie Israël. Or, l’appel du prophète
s’inscrit dans un contexte où Israël lui-même est en infidélité (2 Rois
14:25–27), et Dieu, paradoxalement, adresse Son appel à une nation païenne.
Jonas révèle ainsi une double
erreur : une vision réduite de Dieu, et une
vision faussée de soi. Il croit
pouvoir fuir la présence divine, mais « Où irais-je loin de ton Esprit ?
» (Psaume 139:7). Il se pense porteur légitime du message, mais son cœur n’est
pas aligné avec celui de Dieu. Il descend dans le ventre du poisson comme nous descendons dans les tempêtes de notre propre
fuite.
2. LE SIGNE DE JONAS : CHRIST, L'ACCOMPLISSEMENT PROPHÉTIQUE
C’est ce même Jonas que Jésus
choisit comme signe eschatologique majeur. « Une race méchante et adultère
demande un miracle ; il ne lui sera donné
d’autre miracle que celui du prophète Jonas » (Matthieu 12:39).
Comme Jonas fut trois jours dans le poisson,
ainsi le Fils de l’homme sera trois jours dans
le cœur de la terre (Matthieu
12:40). Le parallèle est explicite, mais aussi tranchant. Là où Jonas est
englouti pour sa désobéissance, Jésus s’enfonce volontairement dans la mort
pour notre salut (Luc 19:10).
Le
message de Jonas à Ninive était simple : « Encore quarante jours, et Ninive est
détruite ! » (Jonas 3:4). Aucun appel à l’amour, aucune preuve doctrinale. Pourtant, ils
crurent. Jésus, quant à Lui, offre le signe par excellence : la
croix et la résurrection, c’est-à-dire l’humilité suprême, l’obéissance
jusqu’au bout, la puissance de Dieu à l’œuvre. Et c’est cela qui condamne
notre génération : « Les hommes de Ninive se lèveront, lors du
jugement, avec cette génération, et la condamneront » (Matthieu 12:41).
Aujourd’hui
encore, le plus grand obstacle à la mission n’est pas l’hostilité du monde,
mais la dureté de cœur du peuple de Dieu. Le refus de croire, d’obéir,
de s’abandonner à un appel qui dérange. Pourtant, « le salut vient de l’Éternel
» (Jonas 2:9). Pas de notre mérite, ni de notre héritage, mais du Christ
crucifié et ressuscité. Le signe de Jonas est à la fois une preuve et un avertissement. C’est tout
ce qu’il nous reste : croire, nous repentir, proclamer.
3. NINIVE ET BABYLONE : LA MISSION DANS UN MONDE HOSTILE
A. Le défi de Ninive
Le peuple de Ninive n’avait
rien d’attirant. Empire brutal, connu pour ses actes de cruauté extrême, les
Assyriens étaient les ennemis historiques d’Israël. Et pourtant, Dieu choisit
ce moment, sous le règne de Jéroboam II, alors qu’Israël est en déchéance
spirituelle (2 Rois 13:3), pour envoyer Jonas en mission. Ironie divine : Israël se perd, mais Ninive reçoit une dernière chance. Et
plus ironique encore : le mot cunéiforme pour Ninive signifie « poisson dans la
ville » - comme si l’histoire de Jonas y était inscrite d’avance.
Jonas prêche, presque à
contrecœur. Et contre toute attente, la ville entière se repent (Jonas 3:5). Le
jugement annoncé devient grâce reçue. Dieu prend plaisir à pardonner. Mais le prophète est fâché. Il voulait la justice, pas la
miséricorde. Il voulait voir tomber Ninive, pas la voir
s’agenouiller. Et c’est là que le récit bascule : ce n’est plus Ninive qui est
jugée, c’est Jonas.
B. De Ninive à Babylone : un même message pour les derniers jours
Le cri de Jonas en mer - « Je crains l’Éternel, le Dieu des cieux, qui a fait la mer et la terre
» (Jonas 1:9) - résonne dans le message du premier ange : « Craignez Dieu, et
donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue. Adorez celui qui a fait le ciel, la terre, la
mer… »
(Apocalypse 14:7). C’est le même appel au Créateur, le même avertissement avant
la fin. Comme Ninive, Babylone est avertie : « Sortez
du milieu d’elle, mon peuple »
(Apocalypse 18:4).
Le message est global. Il
concerne toutes les nations. Il est pressant. « Cette bonne nouvelle du royaume
sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les
nations. Alors viendra la fin » (Matthieu 24:14). La
prédication eschatologique n’est pas une spéculation. C’est une mission. Le
peuple de Dieu est Jonas dans cette génération. LA QUESTION n’est pas :
"Connaissons-nous le message ?" mais : "Allons-nous le proclamer
?"
4. L'ŒUVRE QUI NOUS INCOMBE : DÉPASSER NOS RÉTICENCES
Le danger n’est pas d’ignorer
l’appel, mais de l’avoir entendu trop longtemps sans y répondre. La tentation de l’Eglise
ressemble à celle de Jonas : croire que nous sommes les dépositaires exclusifs de la
vérité, que notre histoire nous dispense de l’humilité. Pourtant, le monde ne
sera pas atteint par notre fierté doctrinale, mais par une repentance vécue. Le
péché de Jonas n’est pas seulement d’avoir fui, c’est de ne pas supporter que
d’autres se repentent.
Le message à l’Église de
Laodicée est clair : « Je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi » (Apocalypse
3:19). Si Jonas doit s’humilier pour que Ninive se relève, alors nous devons nous repentir pour appeler à la repentance. Le
reste fidèle, identifié comme « ceux qui gardent les commandements de Dieu et
le témoignage de Jésus » (Apocalypse 12:17), n’est pas exempté du zèle, ni du
dépouillement. L’Église du reste survivra-t-elle
à son propre ricin ? La réponse dépend de sa capacité à incarner la
repentance qu’elle prêche.
CONCLUSION
L’histoire de Jonas n’est pas
une fable sur un prophète têtu. C’est une parabole prophétique sur un Dieu qui
ne se laisse ni restreindre ni posséder. Elle révèle un Dieu qui sauve malgré
notre désobéissance, qui appelle même nos ennemis, et qui nous expose à nos propres refus de
miséricorde. Dans un temps de grâce qui touche à sa fin, Dieu
cherche encore des messagers - non pas parfaits,
mais repentants. La mission
finale ne sera pas portée par des proclamateurs brillants, mais par des cœurs brisés, rachetés,
envoyés.
Sommes-nous ce peuple ? Ou
sommes-nous encore, comme Jonas, assis à l’ombre d’un ricin qui meurt, en colère contre un Dieu trop bon pour nos catégories ?
Abondantes grâces de la
part de l’Éternel !
Synthèse typologique –
Trois figures, un seul appel
|
Élément |
Jonas |
Christ |
Église aujourd’hui |
|
Attitude |
Fuit Ninive |
Va à la croix |
Fuit-elle Babylone ? |
|
Message |
« Encore 40 jours… » |
« Repentez-vous et croyez » |
« Sortez de Babylone » (Apo. 18:4) |
|
Issue |
Colère sous le ricin |
Résurrection glorieuse |
Persévérance ou compromis ? |
Jonas a fui
Ninive. Jésus a marché vers la croix. Et nous ?
Fuyons-nous Babylone… ou portons-nous Son fardeau ?
Jonas a
crié : « Encore 40 jours… » Jésus a proclamé : «
Repentez-vous, le Royaume est proche ! » L’ange tonne aujourd’hui : «
Elle est tombée, Babylone ! » (Ap 18:2)
Jonas a
fini seul, sous un ricin amer. Jésus s’est relevé pour des multitudes (Ap
7:9). Et nous ? Serons-nous du nombre… Des témoins qui
persévèrent – ou des Jonas qui murmurent ?
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